Le port de Calais de 1190 à 1777

Au XIXème siècle

Au XXème siècle

LE TRANSMANCHE :

Les paquebots – malles
Les paquebots
Les hydravions
Les Ferry-Boats
Les navires à excursionnistes
Les navires de croisière
Les navires à automobiles
Les car-ferries
Les hovercrafts
L’accueil des passagers

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LE TRANSMANCHE

Les navires à automobiles

Si Calais ne fut guère favorisé pour maintenir le service de ferry-boats à la suite de quelques obscures intrigues, le port prit par contre sa revanche en accueillant le premier service mixte de transport d’automobiles. Déjà quelques voitures hippomobiles et automobiles étaient embarquées à la grue à bord des paquebots. Pourtant, c’est grâce au capitaine Stuart Townsend, ancien officier d’artillerie et co-propriétaire de la Company Townsend Brothers fondée en 1916 que fut créé la première ligne de navires à automobiles entre la France et la Grande-Bretagne.

C’est devant le prix exorbitant demandé par les compagnies maritimes pour transporter sa voiture à bord des malles qu’il décida de fonder sa propre ligne maritime. Après une étude faite auprès de l’Automobile Association et du Royal Automobile Club, il décida alors de se lancer avec sa compagnie dans le transport des véhicules accompagnés. En 1928 , il affréta le charbonnier « Artificer » et débuta ses relations maritimes entre Douvres et Calais le 28 juin. L’Artificier pouvait transporter 15 voitures et 12 passagers et faisait la traversée entre deux heures et deux heures trente.
Ces tarifs étaient moins chers que ceux de la Southern Railways, et comme il avait toujours plus de voyageurs que de voitures, il imagina alors de faire voyager le surplus de passagers sur la Malle et pour cela il achetait à l’avance des billets d’excursion aller-retour à demi-tarif. Le service de transport d’automobiles prévu initialement pour la période d’été 1928 se révéla si fréquenté que le service devint permanent dès l’année 1929.

Débarquement d’un autocar du «Forde» (1930-1935)

Le 7 septembre 1929, l’Artificier fut remplacé par le « Royal Firth » en attendant l’arrivée de l’ancien dragueur de mine « Forde » le 15 avril 1930.
Le Forde pouvait transporter 168 personnes et 30 automobiles. Il possédait trois salons dont un, réservé aux dames et trois cabines privées. La traversée du détroit s’effectuait en une heure trente.
En 1930, le Forde transporta 4600 voitures et 12 000 passagers. Au début, les voitures étaient chargées à la gare sur des plateformes, ce qui n’était pas sans risque, puis on améliora le système. Les roues des véhicules étaient saisies par des griffes fixées sur un cadre et le tout soulevé par une grue de 10 tonnes. C’est le personnel des « Rouleurs » qui assurait l’embarquement et le débarquement des véhicules.
Pour des raisons de sécurité, les automobilistes étaient contraints à cette époque de vider leurs réservoirs avant l’embarquement, et il fallait refaire le plein à leurs frais au débarquement. Une dérogation permit par la suite de garder environ neuf litres d’essence dans le réservoir.

L’expérience du capitaine Townsend incita la Southern Railways à ouvrir une ligne de navires à automobiles avec le navire « Autocarrier » qui fut mis en service le 30 mars 1931. Il pouvait emporter 120 voyageurs et 35 voitures à la vitesse de 15 nœuds. Il avait une plage arrière dégagée, des salons, un buffet, et même une salle de bain. La concurrence entre les deux compagnies fit progresser le trafic qui passa de 9817 véhicules en 1931 à 22 919 voitures en 1938.

Des installations d’accueil furent édifiées au nord et au sud du hangar Devot pour la réception et le contrôle des automobilistes ainsi que pour la fourniture du carburant. Bien que le chargement et le déchargement des automobiles à la grue étaient assez satisfaisants, on étendra sur les instances de la company Townsend la possibilité d’installer des rampes mobiles pour faciliter le transbordement des voitures.

La Chambre de commerce de Calais envisagea dès 1930 la création d’un poste spécial au quai sud-est de l’avant-port. Malheureusement ce projet ne reçu pas l’agrément de l’administration. Pourtant, le chargement avec l’aide d’une rampe mobile fut cependant utilisé en 1936 sur le « Forde » quand, en raison de la grève des grutiers et des dockers, on chargea le navire par l’arrière au moyen de plateaux de fortune après avoir enlevé le bastingage, et cela pendant toute la durée de la grève.

Il fallut attendre une quinzaine d’année avant de pouvoir embarquer ou de débarquer soi-même son véhicule à bord des car-ferries. Si le trafic des voyageurs était de 18 000 passagers en 1815, il dépassa le million en 1933 et 1934 pour retomber entre 7 et 8000 en 1938 et 1939 en raison des événements internationaux.