LE TRANSMANCHE
Les paquebots
Les paquebots ayant des difficultés pour séjourner à marée basse au quai des paquebots, on décida d’installer une gare annexe. Cette gare n’était qu’un modeste pavillon construit en partie sur pilotis et en partie sur le quai de pierre et servait d’abri aux voyageurs et à la douane. Elle fut mise en service le 6 août 1867 ; juste à temps pour l’exposition universelle de Paris.
Les navires de 45 à 50 mètres de long et de 260 tonneaux de jauge constants aux alentours de 1844 furent remplacés peu à peu par des bâtiment de 60 à 65 mètres et d’environ 350 tonneaux, dotés d’une vitesse de 13 à 15 nœuds et possédant des salons spacieux et confortables.
Les paquebots « Queen » et « Empress » construits en 1854 et navigant sous pavillon français faisaient déjà la traversée de Calais à Douvres en 1 heure et 30 minutes.
Construite sur le quai de marée, la gare maritime fut inaugurée en 1889 par le Président de la République, Sadi Carnot.
Le confort des passagers fut l’une des préoccupations majeures des compagnies maritimes, qui n’hésitèrent pas à prendre des risques pour améliorer la tenue en mer de leurs navires. On essaya, par exemple, de modifier la conception des bâtiments en recherchant le moyen de faire disparaître ou d’atténuer au maximum le roulis et le tangage responsable du mal de mer.
C’est ainsi que le « Castelia », navire catamaran formé par deux moitié de bateaux reliés par des poutrelles fut construit en 1874. Difficilement manoeuvrable, il causa des avaries à la jetée de Douvres lors de son voyage inaugural le 22 juillet 1875. Il fut retiré du service après trois saisons. Un autre paquebot, tout aussi curieux, « le Bessemer » construit en 1875, était constitué par une seule coque mais possédait un vaste salon de 24 mètres de long occupant la partie centrale du navire et qui devait demeurer suspendu en position constante grâce à un ingénieux système hydraulique. Malheureusement, lors de ses trois essais en mai 1875, le paquebot heurta la jetée ouest de Calais et il ne put jamais essayer le salon suspendu dont le système hydraulique refusa de fonctionner.
Un autre paquebot catamaran, l’ « Express » fut construit en 1878 mais à la suite de difficultés financière, il fut racheté par la London Chatham –Dover Railway et baptisé Calais-Douvres.
Long de 110 mètres et large de 30 mètres, il faisait la traversée en 1 heure 30. Trop coûteux et devenu trop lent par rapport aux nouveaux paquebots ; il fut retiré du service en 1887.
Avec l’ « Invicta » construit en 1882 commença alors une nouvelle ère pour le transport maritime du détroit. Construit en acier et équipé d’une installation électrique, l’Invicta mesurait 96 mètres de long (70 mètres pour les autres navires). Il possédait une étrave à l’avant et à l’arrière ainsi qu’un gouvernail aux deux extrémités. Les 600 cv de sa machine permettait une vitesse de 18 nœuds et lors de son premier voyage il atteignit 22 nœuds en effectuant la traversée en 65 minutes.
Après l’Invicta, d’autres navires apparurent : le « Victoria » en 1886, « l’Express » en 1887, « le Calais-Douvres II » en 1889, « le Calais », le « Dover » et le « Lord Warden » en 1896, le « Nord » et le « Pas-de-Calais » en 1898.
Le premier navire à turbine et à hélice, le « Queen » ne fut mis en service que le 27 juin 1903 sur la ligne Calais-Douvres, bien que c’est en 1839 que le boulonnais Frédéric Sauvage mit au point son invention, l’hélice.
La suppression des roues des navires à aubes et le gain de place permirent l’installation des cuisines et des cabines de l’équipage à l’arrière du navire, ce qui évitait aux passagers d’être incommodés par les fumées des machines et des odeurs de cuisine. La mise en service du « Queen » fut suivie par d’autres navires du même type : « l’Invicta » en 1905, l’ « Empress » et le « Victoria » en 1907 et le « Riviera » en 1911. Les navires à roues disparurent presque complètement à l’exception du « Nord » et du «Pas-de-Calais » construit en 1898 et qui naviguèrent encore jusqu’en 1923. Pour les remplacer, la SAGA repris l’Invicta et l’Empress qui assurèrent les liaisons maritimes françaises jusqu’à l’arrivée du « Cote d’Azur » en 1931 et du « Cote d’Argent » en 1933. Les navires long de 111 mètres pouvaient transporter 1450 passagers grâce à leurs machines de 1400 cv et franchir le détroit en 1 heure 15 minutes.








